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SCANDALE SNCF Contrôleur malveillant Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Paris le 10 Mars 2008.

 AMENDE ABUSIVE D'UN CONTROLEUR MALVEILLANT. Signez la pétition sur le site!!!

Monsieur Nicola Sabato
 

Madame, Monsieur,

 

Étant contrebassiste professionnel depuis maintenant de nombreuses années, je suis amené et contraint de voyager très souvent en train pour me rendre sur les lieux des concerts souvent a l’autre bout de la France. Faisant attention de toujours arriver en avance au moins une demi-heure avant le départ du train pour pouvoir installer ma contrebasse en toute sérénité, je n’ai jusqu'à ce jour jamais rencontré de problème avec un contrôleur SNCF.

Malheureusement, les temps changent et à l’heure du  «  tout réglementé de la paranoïa sécuritaire » et de l’excès de zèle de certains, je me suis vu infliger une amende forfaitaire de 144 euros par un contrôleur rigide et ultra zélé, pour ne pas dire autre chose !

 

Voici comment cette histoire, de moins en moins banale (si j’en crois les dires de mes confrères contrebassistes) s’est déroulé.

 


Je suis invité, avec mon trio, à venir jouer au Fort Napoléon de La Seyne-sur-Mer le vendredi 7 mars 2008. L’association Art Bop qui nous invite est une petite association qui essaye tant bien que mal de promouvoir la musique vivante dans le sud de la France. N’ayant pas de gros budgets, elle ne peut se permettre de louer une contrebasse pour les concerts et c’est donc au contrebassiste invité d'emporter la sienne.

Habitant à Paris, je décide, vu le défraiement proposé (200 €  maximums pour trois musiciens) de prendre le train comme je le fais depuis maintenant 11 ans régulièrement ! Me présentant naïvement à 7h 45 (départ 8h16) au contrôleur pour qu’il m’indique ma voiture, celui-ci me montre du doigt la contrebasse sans même me dire bonjour ! Il me demande alors si j’ai l’intention de voyager avec elle et me dit qu’il est interdit d’emporter un bagage de cette dimension. Je lui rétorque que depuis des années que je voyage avec ma contrebasse, il était le premier à me l’interdire.  «Vous avez eu de  la chance » me dit-il et me propose alors comme solution, de faire transporter ma contrebasse (d’une valeur de 10 000 €) par le SERNAM qui comme chacun sait travaille avec beaucoup de délicatesse ! Bien entendu, pour pouvoir se faire, je dois enregistrer l’instrument au SERNAM et, bien sur, perdre mon billet prems car le départ étant maintenant dans ¼ d’heure… Il avance aussi comme argument digne d’un prix Nobel que « Si 500 personnes font comme vous et se présentent avec une contrebasse, comment je fais ?! »…

 

Bref après plusieurs minutes à discuter courtoisement (et calmement, je tiens à le signaler) avec un mur, je décide de rejoindre ma voiture et d’y installer ma contrebasse, le contrôleur m’y rejoint quelques instants plus tard et me dit de façon très intelligente « Si vous ne sortez pas votre contrebasse de là, vous aller voir ce que je vais en faire ! » Après quelques noms d’oiseaux échangés, (et croyez-moi ça fait du bien !) je décide d’obtempérer ne voyant aucune solution rapide et civilisée à mon problème (le train partant dans 2 minutes). Je paye donc les 144 € d’amende et comme par miracle la contrebasse trouve sa place dans le train et nous partons.

 

Ce qu’il y a d’étrange c’est qu’il est autorisé d’être en infraction si on paye l’amende. C’est un peu comme si vous payez une amende pour pouvoir griller un stop ! Bref, du pur raquette institutionnalisé et légitime !!

Les vélos, les planches à voile, les poussettes et landeaux sont, quant à eux autorisés, quelle en est la raison ? Une contrebasse, qui je tiens à le souligner EST MON INSTRUMENT DE TRAVAIL, n’est pas plus encombrante qu’une planche à voile

 

Le retour quant à lui s’est fait comme d’habitude, sans encombre. Le mur de contrôleurs et de militaires avec chiens qui contrôlaient toute personne accédant au train à Marseille n’a évidemment pas vu ma contrebasse, ou alors peut-être étaient-ils plus réfléchis ? ! !!. Moralité, comme beaucoup de lois dans ce pays : c’est à la tête du client que l’on est jugé. Un contrôleur plus expérimenté et sachant que je ne suis pas là pour frauder mais pour travailler m’aurait laissé passer sans rien dire comme ce fut le cas pour le retour, et toutes les autres fois précédentes.

 

                                                                                           Nicola Sabato
 
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